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IFAS : comment entrer en institut de formation d’aide-soignant

Conditions d’accès, calendrier du 20 mars au 15 juin, sélection sur dossier et entretien, les deux voies d’entrée méconnues et qui paie la formation.

· Classement remis à jour automatiquement

Un IFAS — institut de formation d’aides-soignants — n’est pas une école privée qui vend une formation. C’est un établissement autorisé par le conseil régional, qui prépare au diplôme d’État d’aide-soignant et dont les règles d’admission sont fixées par arrêté, les mêmes partout en France.

Cela change la façon de s’y préparer. Il n’y a rien à négocier, rien à comparer sur le programme : il est identique d’un institut à l’autre. Ce qui se joue vraiment, c’est le calendrier, le dossier, et le statut que vous avez le jour de l’entrée en formation — qui détermine si vous payez ou non.

Cette page porte sur l’entrée en institut. Pour le métier, le salaire et le diplôme lui-même, voir notre page formation aide-soignante.

1. Les conditions d’accès : plus ouvertes qu’on ne le croit

C’est le point que les argumentaires commerciaux brouillent le plus souvent, en vendant des « préparations » à un concours qui n’existe plus depuis 2020.

Âge minimum17 ans à la date d’entrée en formation
Diplôme exigéAucun
ConcoursSupprimé depuis 2020
SélectionDossier et entretien oral
Texte applicableArrêté du 7 avril 2020
Source : arrêté du 7 avril 2020, version en vigueur au 4 mai 2026. Vérifié le 26 septembre 2026.

Aucune condition de diplôme, donc. Mais l’absence de diplôme requis ne veut pas dire absence de sélection : le dossier est noté, et il y a un oral.

2. Le calendrier, qui est la vraie difficulté

L’article 7 de l’arrêté fixe une fenêtre nationale. Pour une rentrée située entre le premier jour ouvré de la dernière semaine d’août et le premier jour ouvré de septembre, la période de dépôt des dossiers court du 20 mars au 15 juin de la même année.

Trois conséquences pratiques, et c’est là que la plupart des candidatures se perdent :

  • Un candidat qui se décide en juillet a déjà manqué la rentrée de fin août. Il lui reste à viser un institut dont la rentrée est plus tardive — certains démarrent en octobre, avec leur propre calendrier — ou l’année suivante.
  • Chaque institut fixe sa propre date de clôture à l’intérieur de cette fenêtre, en accord avec l’agence régionale de santé. Le 15 juin est une limite, pas une date.
  • Rien n’interdit de candidater dans plusieurs IFAS simultanément, et c’est ce qu’il faut faire — sauf là où un groupement organise une inscription unique. À Lyon, dix instituts recrutent ensemble et vous classez cinq vœux ; à Lille, quatre instituts partagent un seul dossier. Vérifiez avant de déposer deux fois.

Si vous lisez cette page en septembre, la fenêtre de la rentrée de fin août s’ouvre le 20 mars prochain. Vérifiez d’abord les instituts à rentrée d’automne, qui sélectionnent parfois dès février : leur calendrier n’est pas celui de l’arrêté.

3. Ce que contient le dossier, et qui le note

Le dossier comprend une pièce d’identité, une lettre de motivation manuscrite — l’arrêté exige qu’elle soit écrite à la main —, un curriculum vitae, les diplômes et relevés de résultats éventuels, les attestations de travail, le cas échéant une attestation de niveau de langue française, et un titre de séjour pour les candidats étrangers. Le certificat médical n’est exigé qu’avant l’entrée effective en formation.

S’y ajoute un document manuscrit d’environ dix lignes, décrivant une situation vécue en lien avec le soin ou l’aide à la personne. Une subtilité que beaucoup manquent : il n’est pas joint au dossier, il est produit lors de l’entretien. Il en existe une dispense, rarement signalée : en sont exemptés les titulaires du baccalauréat national français, les titulaires d’une équivalence du grade de baccalauréat, et les candidats inscrits en classe de terminale.

L’entretien dure quinze à vingt minutes. Il est conduit par un binôme, et l’arrêté impose les deux profils à la fois : un aide-soignant ou un auxiliaire de puériculture en activité — ou l’ayant cessée depuis moins d’un an —, et un formateur infirmier ou un cadre de santé. Autrement dit, un professionnel du geste et un professionnel de la pédagogie — ce qui dit assez bien ce qui est évalué.

4. Les deux voies d’entrée que presque personne n’affiche

Ce sont les deux informations les plus utiles de cette page, et elles sont enfouies dans les articles 2, 11 et 12 de l’arrêté.

La passerelle Parcoursup, pour les recalés d’IFSI

L’article 2 organise une sélection distincte pour les candidats qui réunissent trois conditions : détenir ou préparer un baccalauréat professionnel ASSP, SAPAT ou ST2S, s’être inscrits via Parcoursup en formation infirmière, et n’y avoir pas été admis.

Pour ceux-là, l’institut établit une liste d’admission à partir du classement Parcoursup — sans nouvelle sélection. Cette procédure se déroule au plus tard l’avant-dernière semaine d’août, donc bien après la fenêtre ordinaire. Un candidat qui apprend en juillet qu’il n’entre pas en IFSI n’a pas perdu son année.

La dispense totale de sélection pour les agents hospitaliers

L’article 11 dispense purement et simplement de sélection les agents des services hospitaliers qualifiés, à condition de justifier de l’une des deux situations suivantes :

  • une ancienneté de services cumulée d’au moins un an en équivalent temps plein ;
  • ou le suivi de la formation continue de soixante-dix heures, combiné à six mois en équivalent temps plein.

Et l’article 12 réserve à ces candidats au minimum 20 % des places de chaque institut.

Conséquence rarement dite : pour quelqu’un qui hésite, se faire recruter comme agent des services hospitaliers puis entrer en IFAS un an plus tard est une voie plus sûre, plus rapide et rémunérée — pas un détour.

5. La formation elle-même : 1 540 heures, moitié en stage

Le contenu est fixé par l’arrêté du 10 juin 2021. Il ne varie pas d’un institut à l’autre, ce qui rend toute comparaison de programme sans objet.

Durée totale1 540 heures, soit 44 semaines, sur deux ans au maximum
Enseignement théorique et pratique770 heures, soit 22 semaines
Formation en milieu professionnel770 heures, soit 22 semaines de 35 heures
Structure5 blocs de compétences, 10 modules
StagesTrois périodes de 5 semaines, puis une de 7 semaines
Source : arrêté du 10 juin 2021, version en vigueur au 25 septembre 2026. Vérifié le 26 septembre 2026.

Exactement la moitié du temps se passe en établissement, auprès de patients. Le dernier stage, de sept semaines, doit être continu et non fractionné, et s’achever avant la dernière semaine de formation.

La validation suppose quatre choses : une moyenne d’au moins 10 sur 20 aux modules de chaque bloc, la validation des cinq blocs, le passage devant le jury de certification, et au maximum 5 % d’absences sur l’ensemble de la formation. L’arrêté ne distingue pas les absences justifiées des autres, et additionne l’institut et les stages : c’est un plafond global, pas une tolérance pour les seuls manquements. Il est strict, et il écarte des candidats chaque année.

Les dispenses : ne pas refaire ce qu’on a déjà

L’article 14 ouvre des équivalences de compétences ou des allègements de formation aux titulaires de huit titres : le diplôme d’État d’auxiliaire de puériculture, le diplôme d’assistant de régulation médicale, le diplôme d’État d’ambulancier, les baccalauréats professionnels ASSP et SAPAT, les diplômes et certificats du code de l’action sociale et des familles, le titre professionnel d’assistant de vie aux familles et celui d’agent de service médico-social.

L’article 15 va plus loin pour les agents des services hospitaliers qualifiés : ils sont dispensés d’une période de stage entière de cinq semaines.

Si vous détenez l’un de ces titres, votre parcours n’est pas de 1 540 heures. Demandez-le explicitement à l’institut : la dispense n’est pas toujours proposée d’office.

6. Le coût, et pourquoi il est introuvable

Nous avons cherché un tarif affiché. La plupart des IFAS n’en publient aucun, et ce n’est pas de l’opacité : le montant dépend d’une subvention régionale versée à l’institut, pas à l’élève. L’établissement ne connaît votre coût qu’une fois votre statut établi.

La règle qui gouverne tout est celle-ci, et elle est contre-intuitive : c’est votre statut le jour de l’entrée en formation qui décide, et il vaut pour toute la durée du cursus. Entrer comme demandeur d’emploi et trouver un emploi ensuite ne change rien ; entrer comme salarié et perdre son emploi ensuite ne change rien non plus.

Ce que nous avons vérifié, région par région

Les politiques régionales diffèrent réellement, et nous ne publions ici que ce que nous avons lu sur les sites officiels. Le tableau sera complété au fil des vérifications.

RégionPris en chargeReste payant
Île-de-FranceMoins de 26 ans en poursuite d’études ; interruption de scolarité inférieure à 2 ans ; demandeurs d’emploi à l’entrée ; bénéficiaires du RSA ou d’un parcours emploi compétences ; personnes sans diplôme sur parcours completLes salariés ne figurent pas parmi les publics financés
Pays de la LoireFormation professionnelle initiale ; demandeurs d’emploi — prise en charge totale ou partielleSalariés en cours d’emploi, travailleurs non salariés, auto-entrepreneurs
Autres régionsNon encore vérifié. La règle générale est la même — le conseil régional finance les scolaires et les demandeurs d’emploi — mais les bornes d’âge et les publics exclus varient.
Sources : sites de la Région Île-de-France et d’un IFAS des Pays de la Loire. Consultés le 26 septembre 2026.

Pour votre région, la question à poser au secrétariat de l’IFAS est précise, et elle évite trois échanges : « Avec mon statut à l’entrée, quel est le coût pédagogique restant à ma charge, et quelle est la participation de la Région ? »

Un salarié en poste, lui, relève d’un autre circuit : son employeur ou son opérateur de compétences. C’est le cas le plus souvent payant, et le plus souvent finançable.

Si votre objectif est d’être payé pendant la formation, l’apprentissage et le contrat de professionnalisation sont traités dans notre page formation gratuite et rémunérée.

Les instituts, ville par ville

Le programme est national, mais les instituts, les capacités, les calendriers et les tarifs ne le sont pas. Nous les relevons ville par ville, en ne publiant que ce qui est vérifié.

  • Toulouse — 150 places au CHU, la plus grosse capacité relevée, et une rentrée en janvier.
  • Marseille — trois instituts, 106 places à l’AP-HM, 7 315 € par an.
  • Lyon — dix instituts, un dossier unique, cinq vœux, et deux rentrées par an.
  • Paris — neuf IFAS à l’AP-HP, et le tarif privé le plus élevé de France.
  • Bordeaux — 58 places seulement, et aucun tarif publié.
  • Montpellier — ni tarif ni capacité à jour ; ce que la comparaison régionale permet d’en déduire.
  • Strasbourg — 80 places financées par la Région, le seul institut à publier ce chiffre.
  • Lille — quatre instituts, une seule inscription.
  • Nantes — la liste d’exclusions la plus explicite : salariés, indépendants, auto-entrepreneurs.
  • Nice — le tarif le plus bas, environ 90 places, sélections dès le 1er janvier.

Ce que la comparaison des dix villes nous a appris

En relevant les tarifs publiés par un même organisme dans cinq villes, nous avons trouvé un écart que rien ne laissait prévoir.

VilleRégionCoût annuel
ParisÎle-de-France9 240 €
ToulouseOccitanie8 470 €
LyonAuvergne-Rhône-Alpes7 500 €
MarseilleSud7 315 €
NiceSud7 315 €
Relevés le 26 septembre 2026 sur les pages de Croix-Rouge Compétence de chaque ville.

1 925 € d’écart entre Paris et Marseille, soit 26 %, pour un diplôme d’État dont le programme est fixé par arrêté et rigoureusement identique. Et Marseille et Nice, deux villes de la même Région séparées par 200 kilomètres, affichent le même montant au centime.

La conclusion est nette : le prix suit la Région, par la convention qu’elle passe avec l’organisme. Ni la ville, ni l’école, ni la qualité de l’enseignement n’entrent en jeu. Si vous êtes éligible au financement régional, cet écart ne vous concerne pas. S’il faut payer, comparez d’abord les instituts publics — et regardez l’apprentissage, qui est gratuit partout.

Deux détails relevés au passage. À Paris et à Lyon, 100 € de droits d’inscription restent dus même quand la Région prend tout en charge : « gratuit » n’est donc pas tout à fait exact. Et les rentrées sont loin d’être toutes en septembre — Paris, Lyon et Toulouse ont une rentrée en janvier.

7. Comment choisir entre deux IFAS

Puisque le programme et le diplôme sont identiques, les critères de choix sont ailleurs. Par ordre d’importance réelle :

  1. La distance domicile-institut, et surtout domicile-lieux de stage. Vingt-deux semaines de stage, souvent en horaires décalés, dans des établissements que vous ne choisissez pas : c’est le premier motif d’abandon.
  2. Le rattachement de l’institut. Un IFAS adossé à un centre hospitalier place ses élèves dans ses propres services, ce qui facilite l’embauche à la sortie.
  3. La capacité d’accueil, qui conditionne mécaniquement vos chances d’admission.
  4. Le taux de réussite au diplôme, à demander par écrit. Un institut qui ne le communique pas vous renseigne déjà.
  5. Le rythme : certains instituts étalent la formation sur deux ans, ce que l’arrêté autorise. C’est décisif si vous travaillez.

Les signaux qui doivent vous alerter

  • « Préparation au concours d’aide-soignante ». Le concours n’existe plus depuis 2020. Ce qui est vendu prépare à un examen supprimé.
  • « Formation d’aide-soignante à distance ». Impossible : la moitié du cursus se passe en stage, et le diplôme d’État ne s’obtient qu’en IFAS autorisé.
  • Un organisme privé qui vous fait payer l’accès à des « places réservées » en IFAS. Les places sont attribuées par l’institut selon l’arrêté. Personne ne les revend.
  • Un tarif annoncé avant que votre statut ait été établi. Aucun institut sérieux ne peut chiffrer votre reste à charge sans cette information.

Questions fréquentes

Faut-il passer par Parcoursup pour entrer en IFAS ?

Non. La voie normale est une candidature directe auprès de chaque institut, entre le 20 mars et le 15 juin. Parcoursup n’intervient que dans un cas particulier : celui des titulaires d’un bac professionnel ASSP, SAPAT ou ST2S qui s’étaient portés candidats en formation infirmière et n’y ont pas été admis.

Peut-on entrer en IFAS sans le baccalauréat ?

Oui, et sans aucun diplôme. L’arrêté ne pose qu’une condition d’âge : dix-sept ans à l’entrée en formation. Sans baccalauréat, vous devrez en revanche joindre le document manuscrit dont les bacheliers sont dispensés.

Combien de temps dure réellement la formation ?

1 540 heures, soit 44 semaines de formation : 22 à l’institut et 22 en stage. En rythme continu, cela occupe une année scolaire entière. L’arrêté autorise un étalement sur deux ans au maximum, que certains instituts proposent.

La formation est-elle vraiment gratuite ?

Pour la majorité des élèves — scolaires, jeunes sortis récemment du système éducatif, demandeurs d’emploi — oui, le conseil régional prend en charge les frais pédagogiques. Pour un salarié en poste, non : le financement relève de l’employeur ou de son opérateur de compétences. Votre statut le jour de l’entrée décide, et il ne se révise pas ensuite.

Je travaille comme agent des services hospitaliers. Ai-je un avantage ?

Un avantage considérable, et sous-exploité. Avec un an d’ancienneté en équivalent temps plein, vous êtes dispensé de sélection — ni dossier noté, ni entretien. Et au moins 20 % des places de chaque institut vous sont réservées. Des dispenses de stage sont également prévues.


Sources : arrêté du 7 avril 2020 relatif aux modalités d’admission aux formations conduisant aux diplômes d’État d’aide-soignant et d’auxiliaire de puériculture, version en vigueur au 4 mai 2026 ; arrêté du 10 juin 2021 relatif à la formation conduisant au diplôme d’État d’aide-soignant, version en vigueur au 25 septembre 2026 ; fiche RNCP40692 sur le site de France Compétences ; pages de financement des formations sanitaires et sociales de la Région Île-de-France. Vérifié le 26 septembre 2026. Cette page ne contient aucun lien partenaire.